Ce qui s’est passé lors des élections péruviennes est peut-être ce qui se rapproche le plus de la «Tempête dans les Andes» (Tempestad en los Andes, 1927) annoncée par Luis E. Valcárcel (1891-1987) dans son livre désormais classique, dont la préface est signée José Carlos Mariátegui (1894-1930). Attiré par l’idée de «mythe», Mariátegui termine sa préface en écrivant: «Et il importe peu que pour certains ce soient les faits qui créent la prophétie et pour d’autres ce soit la prophétie qui crée les faits.» Ce qui s’est passé le 6 juin dernier n’est certainement pas un soulèvement indigène comme celui imaginé par Luis E. Valcárcel, ni un soulèvement comme celui imaginé par José Carlos Mariátegui, comme mère accoucheuse du socialisme. Mais il s’agissait d’un soulèvement électoral du Pérou profond, andin, dont les effets ont couvert tout le pays.