Dans le langage médical on connaît bien les termes syndactylie et polydactylie. Du grec sun : « avec », et dactyl : « doigt », la syndactylie est une malformation congénitale caractérisée par l’accolement et une fusion plus ou moins complète de deux ou plusieurs doigts ou orteils entre eux. Tandis que la polydactylie (du grec « poly » : « nombreux » et « dactyle » : « doigts ») se définit comme la présence d’un ou plusieurs doigts supplémentaire(s) au niveau de la main ou d’un ou plusieurs orteils au niveau du pied. C’est plutôt dans le jargon politique qu’on rencontre le terme ‘‘longydactylie’’, un néologisme créé par un chroniqueur de ce journal friand de mots forgés au feu de l’écriture et dont nous nous garderons de révéler l’identité. Hum ! Disons que la ‘‘longydactylie’’ est le résultat d’une malformation mentale, d’un vice du comportement, d’une manifestation de tendances refoulées dans l’enfance et qui apparaissent à l’âge adulte. En fait, ce néologisme n’a rien d’original, puisque la sagesse populaire haïtienne lui a trouvé, depuis longtemps, son parfait équivalent créole : dwèt long.